16 jours d'action : Les Papillons de Colombie déploient leurs ailes pour diffuser des messages

Articles d'actualité, 9 décembre 2014

© HCR/S.Aguilar
Des femmes originaires d'Equateur et de Colombie participent à une réunion organisée récemment à Lago Agrio pour échanger leurs expériences en matière de lutte contre la violence sexuelle.

QUITO, Equateur, 9 décembre (HCR) Avec le soutien du HCR, un réseau de groupes de défense des droits de la femme en Colombie, lauréat de la distinction Nansen 2014 pour les réfugiés, a échangé des points de vue et des expériences avec des groupes similaires en Amérique du Sud.

La collaboration entre le réseau des Refuges sûrs en Equateur et celui des 'Papillons avec de nouvelles ailes' en Colombie, lauréat de la distinction Nansen 2014 en récompense pour l'aide apportée aux survivants des déplacements forcés et des abus sexuels dans la ville portuaire, sur la côte Pacifique, de Buenaventura, déchirée par la violence, a coïncidé avec les 16 jours d'action contre la violence sexuelle et de genre, un événement annuel qui se termine ce mercredi.

Les deux groupes se sont réunis dans la ville de Lago Agrio située dans la province frontalière de Sucumbios. Les Papillons ont partagé leurs expériences avec des habitantes de la ville et des membres du réseau des Refuges sûrs, qui regroupe des ONG et des fondations dans un pays où, selon les chiffres officiels, six femmes sur 10 ont subi une forme ou une autre de violence.

Les réfugiées sont particulièrement vulnérables à la violence sexuelle et de genre et le HCR coopère avec le réseau des Refuges sûrs pour créer un climat de sécurité pour les femmes et diminuer le risque de violence sexuelle. Ce réseau gère six refuges sûrs qui offrent un abri et une aide aux survivantes de la violence sexuelle et domestique, ainsi qu'à leurs enfants.

Les Colombiennes espèrent transmettre leur savoir et apprendre des autres au cours de cette visite. L'une d'elles a rappelé comment elle avait été abusée sexuellement et verbalement par son partenaire. « Grâce au réseau [des Papillons], je sais désormais que ce n'est pas normal », a déclaré Sofia.* « J'ai appris à avoir de l'estime pour moi-même et à défendre mes droits. Aujourd'hui je suis pleinement consciente ».

Lors de cette réunion, Marcela, membre des Papillons, a expliqué au groupe pourquoi il était important que les femmes se sentent protégées par un collectif. « La camaraderie est notre outil pour faire face aux mauvais traitements et à la violation de nos droits », a-t-elle affirmé. « Nous sommes des femmes, des responsables engagées auprès de nos familles et de notre communauté, qui avons pris la décision de mener un travail communautaire ».

Elles espèrent que la participation du HCR à la campagne d'action de 16 jours, qui se termine par la Journée mondiale des droits de l'homme, contribuera à sensibiliser et à encourager les actions visant à mettre fin à la violence envers les femmes et les jeunes filles en Colombie, en Equateur et ailleurs.

Lucia Barbosa, militante du Centre amazonien présent dans le département de Putumayo au sud de la Colombie, connait bien les défis auxquels les femmes sont confrontées en Colombie. « Le fait de nous renforcer nous-mêmes en tant que femmes nous permet de vivre. Par des paroles, des danses pour la paix et la création d'espaces de protection pour les femmes, nous luttons contre la normalisation de la violence dans un environnement matérialiste et machiste ».

John Fredrikson, le Représentant du HCR pour l'Equateur, a appelé à la création d'un système interinstitutionnel pour aider les femmes affectées par les conflits et comprendre la double persécution qu'elles subissent.

Au bout d'un certain temps, et avec l'aide du HCR et le soutien moral d'organisations comme les Papillons, les femmes en Equateur commencent à prendre en main leur propre protection, développement, richesse et avenir.

« Nous étions des femmes aux ailes cassées », explique Marcela. « Nous avons retroussé nos manches quand [la vie à] Buenaventura a commencé à nous submerger d'assassinats, de recrutements [forcés], de violations. Le fait de nous soutenir mutuellement nous aide à nous sentir revivre, nous avons de nouvelles ailes ».

Par Sonia Aguilar à Quito, Equateur

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