Le HCR appelle les ministres et les chefs d'entreprise de la région Asie-Pacifique à faire preuve de solidarité avec les réfugiés et les habitants de l'Etat de Rakhine au Myanmar

Des familles rohingyas arrivent dans un centre de transit du HCR situé près du village d'Anjuman Para, Cox's Bazar, dans le sud-est du Bangladesh, après avoir été bloquées pendant quatre jours à la frontière au Myanmar au côté d'environ 6800 réfugiés.

Des familles rohingyas arrivent dans un centre de transit du HCR situé près du village d'Anjuman Para, Cox's Bazar, dans le sud-est du Bangladesh, après avoir été bloquées pendant quatre jours à la frontière au Myanmar au côté d'environ 6800 réfugiés.   © HCR/Roger Arnold

Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a exhorté aujourd'hui les gouvernements et les chefs d'entreprise de la région Asie-Pacifique à faire preuve de solidarité avec les réfugiés dans cette région ainsi qu’à partager la responsabilité des prestations de protection et de la recherche de solutions durables pour eux.

S'adressant aux ministres de 26 pays lors de la septième Conférence ministérielle du Processus de Bali à Bali, en Indonésie, Filippo Grandi a appelé à un soutien régional pour plus de 700 000 réfugiés rohingyas qui ont rejoint le Bangladesh depuis août 2017, après avoir fui la violence et la discrimination dans l'État de Rakhine, au Myanmar.

« Je vous invite à réfléchir au soutien que vos gouvernements pourraient apporter en solidarité avec le Bangladesh jusqu'à ce que des solutions durables soient trouvées pour les réfugiés », a-t-il déclaré. « Nous devons également œuvrer en faveur de solutions d’ensemble pour le peuple de l'État de Rakhine, afin qu'il ne soit plus contraint de fuir. »

Le Processus de Bali est un forum multilatéral réunissant 45 gouvernements et quatre organisations internationales, dont le HCR, pour discuter de questions relatives au trafic illicite de personnes, à la traite des êtres humains et à la criminalité transnationale connexe. En mars 2016, les ministres du Processus de Bali avaient adopté la Déclaration de Bali, convenant de la nécessité d'une approche régionale d’ensemble fondée sur le partage des charges et la responsabilité collective.

Dans son allocution, le Haut Commissaire a rappelé le caractère « novateur » de la Déclaration de 2016 et a exhorté les gouvernements à passer de la consultation à l'action concernant les engagements qu'ils avaient pris en 2016. Les ministres présents à la Conférence ont convenu de réaffirmer ces engagements, qui comprennent des options de débarquement plus prévisibles et la coopération en matière de recherche et de sauvetage en mer pour les réfugiés et les migrants en détresse, ainsi que la lutte contre les causes profondes en éliminant l'apatridie, en investissant dans le développement inclusif et en étendant les voies sûres afin que les réfugiés et les migrants disposent d'alternatives légales aux modes de déplacement dangereux.

Se concentrant sur la crise des réfugiés rohingyas, le Haut Commissaire a demandé aux États membres du Processus de Bali d'examiner comment ils pourraient aider le Bangladesh à assumer la responsabilité de l’accueil de plus de 900 000 réfugiés, y compris ceux arrivés lors de précédents afflux. Il a également cherché à obtenir un appui régional pour le Myanmar dans la mise en œuvre d'un mémorandum d'accord conclu en juin avec le HCR et le PNUD pour créer, dans l'État de Rakhine, des conditions propices au retour durable et volontaire des réfugiés. Ces conditions, telles que la liberté de circulation et les voies d'accès à la citoyenneté, ne sont pas encore en place.

Le Haut Commissaire s'est également adressé aux dirigeants de grandes entreprises qui ont participé à la Conférence dans le cadre du Bali Process Government and Business Forum, un partenariat public-privé visant à développer la migration légale de la main-d'œuvre et à lutter contre la traite des êtres humains.

« Les personnes déracinées peuvent devenir la proie de l'esclavage moderne, ajoutant l'insulte de l'exploitation à la blessure de l'exil », a-t-il déclaré. Il a appelé les milieux d’affaires à collaborer avec les gouvernements pour offrir des emplois et d'autres possibilités économiques aux réfugiés, afin de prévenir l'exploitation et de trouver des solutions durables.

« Il existe aujourd'hui, plus que jamais, pour les réfugiés de cette région des possibilités de contribuer à leurs communautés d'accueil ainsi que, pour les gouvernements et les entreprises de la région, d'investir dans la résilience - et d’en bénéficier - au sein des pays d'accueil et d'origine », a déclaré Filippo Grandi. « Ce n'est que par ce type de solidarité, à laquelle participe chacun d'entre nous, que, dans cette région, personne ne sera abandonné, en mer ou chez soi, et aucun pays ne sera isolé s’il ouvre ses portes aux personnes dans le besoin. »

Le texte intégral de la déclaration du Haut Commissaire à la Conférence ministérielle est disponible (en anglais) ici.

 

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