L'Equateur déclare une situation d'urgence ; Le HCR intensifie sa réponse

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR William Spindler – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 10 août 2018 au Palais des Nations à Genève.

Des Vénézuéliens attendent l'enregistrement de leur sortie du territoire colombien avant d'entrer en Equateur, à Rumichaca International Bridge, en Colombie. 9 août 2018.

Des Vénézuéliens attendent l'enregistrement de leur sortie du territoire colombien avant d'entrer en Equateur, à Rumichaca International Bridge, en Colombie. 9 août 2018.   © HCR/Daniel Tapia

Le 8 août, en réponse à l'afflux massif de Vénézuéliens dans le pays, le gouvernement équatorien a déclaré l'état d'urgence en matière de déplacements de populations dans les provinces de Carchi, Pichincha et El Oro. Le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, salue et soutient cette décision - qui permet à l'Equateur d'allouer des ressources supplémentaires et d'intensifier sa réponse - et réaffirme la longue tradition de l'Equateur pour l’accueil de réfugiés et d'autres personnes en déplacement.

L'exode des Vénézuéliens est l'un des mouvements de population les plus importants de l'histoire de l'Amérique latine.

Depuis début 2018, environ 547 000 Vénézuéliens sont entrés en Équateur via la frontière colombienne - soit une moyenne quotidienne de 2700 à 3000 hommes, femmes et enfants. Cependant, l'afflux s'est accéléré et, au cours de la première semaine d'août, quelque 30 000 Vénézuéliens sont entrés en Equateur - soit plus de 4000 par jour.

De nombreux Vénézuéliens se déplacent à pied dans un périple de plusieurs jours, voire plusieurs semaines, dans des conditions précaires. Beaucoup ont épuisé leurs économies pour poursuivre leur voyage et, sans ressources, ils sont forcés de vivre en plein air dans des parcs publics ainsi que de recourir à la mendicité et d'autres mécanismes d'adaptation négatifs afin de subvenir à leurs besoins quotidiens. Jusqu'à 20 % des nouveaux arrivants sont identifiés comme présentant des besoins spécifiques en matière de protection et autres vulnérabilités, y compris des femmes et des enfants à risque, des parents isolés ou des soignants et des personnes handicapées ayant un besoin urgent d'assistance. Les femmes et les jeunes filles représentent 40 % des nouveaux arrivants et sont exposées à de graves risques en termes de violence sexuelle, en particulier le sexe de survie et la traite d’êtres humains. Des réactions xénophobes à l'exode ont été constatées dans certains milieux.

Grâce la déclaration de l’état d’urgence, l'Équateur affecte déjà des ressources et intensifie sa réponse à cette hausse spectaculaire du nombre d'arrivants vénézuéliens. Par exemple, les autorités équatoriennes d'immigration ont rapidement augmenté leur capacité d'enregistrement jusqu'à 5600 personnes qui entrent dans le pays chaque jour et assurent que les arrivants n'ont plus à dormir en plein air du côté équatorien de la frontière en attendant l’examen de leur demande de permis de séjour.

La majorité des Vénézuéliens qui entrent en Équateur continuent leur périple vers le Pérou et le Chili. Toutefois, jusqu'à 20 % d'entre eux restent dans le pays, dont environ 7000 ont déjà déposé une demande d'asile depuis 2016. Le système d'asile géré par le gouvernement est mis à rude épreuve. L'Équateur a également fourni d'autres formes légales de permis de séjour à des dizaines de milliers de Vénézuéliens.

Le HCR intensifie sa réponse pour établir un plan d'urgence et mettre en œuvre les actions nécessaires pour l'assistance humanitaire. Sous la direction du Gouvernement équatorien, conjointement avec l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) ainsi qu’en étroite coopération avec l'équipe des Nations Unies dans le pays et les ONG partenaires, le HCR continuera de répondre aux besoins immédiats des arrivants vénézuéliens en matière de protection et d'assistance.

Le HCR a renforcé sa présence aux principaux points de passage frontaliers dans le nord de l’Equateur et prévoit de le faire également dans le sud du pays ; l’organisation renforce ses capacités opérationnelles et d'intervention d'urgence ; elle fournit un appui technique et aide le Gouvernement à renforcer ses mécanismes de détermination du statut de réfugié, d'enregistrement et d’autres formes de protection ; elle s'efforce d'identifier les Vénézuéliens vulnérables pour les orienter vers des prestations de protection et d'assistance ; et elle veille à ce que les demandeurs d'asile, les réfugiés et les migrants bénéficient d'une protection appropriée et d’informations vitales.

 

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