Ces pêcheurs britanniques qui craignent d’être les sacrifiés du Brexit
Partager
Tweeter
Économie
Play

Ces pêcheurs britanniques qui craignent d’être les sacrifiés du Brexit

Plein écran
Portfolio

Ces pêcheurs britanniques qui craignent d’être les sacrifiés du Brexit

LE MONDE ECONOMIE | • Mis à jour le

En 2016, 92 % des pêcheurs britanniques ont voté en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Cette unanimité est la conséquence du partage des eaux britanniques : 60 % de la pêche est réalisée par les Européens et 40 % seulement par les Britanniques. Mais dans les négociations sur le Brexit, les pêcheurs, dont l’activité représente seulement 0,05 % du PIB, risquent de ne pas peser lourd face aux exigences de la City ou de l’industrie automobile.

Chargement en cours…
Selsey, gros bourg de 1800 habitants, près de Portsmouth, a longtemps été tourné vers la mer. Aujourd'hui, il reste douze bateaux de pêcheurs.
Faute de quotas disponibles, les pêcheurs de Selsey se sont tournés en masse vers les crustacés, qui ne sont pas sujets aux règles européennes. Mais cela se traduit par une surpêche de ces espèces.
Teddy, un Polonais, travaille dans l’industrie de la pêche à Selsey depuis douze ans. Avec le Brexit, il a vu beaucoup de ses compatriotes rentrer au pays.
Suite à la surpêche de crabes, les bateaux rapporte aujourd'hui deux fois moins de prises qu'il y a cins ans.
Sue Mayes décortique à la main une centaine de crabes par jour, pour les restaurants locaux.
Willie Pledger, 65 ans, dont quarante-deux ans de mer. « Il faut qu’on reprenne le contrôle de nos eaux territoriales et qu’on arrête de laisser tout le monde se servir », estime ce fervent partisan du Brexit.
Dans les eaux britanniques, 60% des prises sont réalisées par les Européens, et 40% par les Britanniques. Les petits pêcheurs de Selsey compensent à se tournant vers les crustacés.
A Selsey, la pêche est restée artisanale. Les cargaisons des bateaux sont déchargées chaque jour en barque.
Tony Delahunty est le président de la Fédération nationale des organisations de pêcheurs. Lui-même pêcheur pendant quatre décennies, il a vendu son bateau en décembre quand son fils a décidé de ne pas reprendre l’activité, trop peu rentable.
Gus Arnell, 22 ans, est une exception. Il ne vient pas d’une famille de pêcheurs mais s’est lancé dans le métier, malgré les difficultés du secteur.
Après avoir été délaissés par leur propre gouvernement pendant des décennies, les pêcheurs de Selsey craignent ne pas être défendus pendant les négociations avec Bruxelles sur le Brexit.
Précedent
0 / 11
Suivant

Selsey, gros bourg de 1800 habitants, près de Portsmouth, a longtemps été tourné vers la mer. Aujourd'hui, il reste douze bateaux de pêcheurs.

Philipp Ebeling pour Le Monde