Des centaines de Nigérians retournent dans leurs foyers dévastés au nord-est

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Leo Dobbs – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 9 septembre 2016 au Palais des Nations à Genève.

Des centaines de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays retournent dans les villages et les villes dévastés qui ont été récemment libérés par les forces armées nigérianes dans l’Etat de Borno, au nord-est du pays. Le HCR s’attend à ce que leur nombre augmente dans les semaines à venir, mais nous restons préoccupés par les conditions, les services de base et la sécurité dans ce territoire auparavant contrôlé par les insurgés de Boko Haram.

Nous ne disposons pas de chiffres détaillés mais notre personnel sur le terrain et nos partenaires signalent à la fois le retour facilité par le gouvernement et le retour spontané de centaines de personnes vers des lieux comme  Mafa, Konduga, Benisheikh et Dikwa ces derniers jours. 

L’assistance fournie par le gouvernement et les organisations humanitaires a été renforcée dans la région afin de venir en aide aux personnes vivant dans les 16 districts de Borno nouvellement accessibles. Le HCR et ses partenaires ont un accès restreint à 10 de ces districts où quelque 800 000 personnes ont besoin d’une aide d’urgence.

Certaines personnes qui retournent actuellement dans leurs foyers situés dans les zones libérées depuis des endroits comme Maiduguri, la capitale de Borno, semblent être heureuses de rentrer compte tenu des conditions désastreuses dans lesquelles elles vivaient, notamment dans des camps pour déplacés internes.

Mais le HCR s’inquiète du bien-être des personnes qui rentrent dans les zones qui ont été dévastées sous l’emprise de Boko Haram. Beaucoup de déplacés internes vont retrouver des habitations et des infrastructures dévastées et retourner dans des zones où les soins de santé et les autres services manquent.

Les retours doivent être librement consentis, dignes et sûrs – les personnes doivent être informées des conditions qui règnent dans leurs zones d’origine. Le HCR est en contact régulier avec les agents de l’Etat et nous avons fait part de nos préoccupations et proposé de coopérer étroitement avec eux pour contribuer à veiller à ce que les retours soient menés en conformité avec les normes internationales, dans la dignité et dans la sécurité. Nous continuerons de surveiller la situation des rapatriés, en particulier les plus vulnérables.

Pendant ce temps, tandis que nous intensifions nos opérations avec nos partenaires dans le nord-est, la sécurité et l’accès aux personnes dans le besoin, en particulier celles situées dans les zones nouvellement accessibles, continuent de poser des défis majeurs. Une réponse et une présence humanitaires plus importantes doivent être déployées d’urgence sur le terrain, les efforts d’aide doivent être mieux coordonnés et le recueil de données amélioré. La semaine dernière, nous avons commencé à déployer une équipe d’intervention d’urgence composée de 14 personnes, notamment des coordinateurs d’urgence expérimentés et plusieurs chargés de protection.

La plupart des déplacés sont des femmes, des enfants et des personnes âgées. Les domaines prioritaires dans lesquels nous travaillons avec nos partenaires concernent les abris, la nourriture, l’approvisionnement en eau potable ainsi que les problèmes de santé comme la malnutrition sévère et la prévention du choléra. La violence sexuelle et liée au genre fait partie des questions de protection pour lesquelles nous avons connu quelques succès grâce à des groupes d’action basés dans les communautés qui encouragent au dialogue et à la sensibilisation.

Concrètement, le HCR continue de s’appuyer sur des partenaires locaux pour surveiller  l’apport d’une protection vitale à Bama, Monguno, Damboa, Konduga, Mafa, Dikwa et notamment les districts de Biu, Bayo, Hawul, Shani et Kwaya Kusar dans le sud de Borno.

Nous avons également fourni 200 abris pour 1 000 personnes à Bama et distribué des produits non alimentaires à 16 000 personnes au cours des deux dernières semaines. Nous avons distribué des produits d’aide à 10 000 personnes dans la ville de Banki, à la frontière entre le Cameroun et le Nigéria. A Maiduguri, nous avons construit près de 2 000 abris semi-permanents pour environ 10 000 personnes et nous construisons des abris d’urgence pour 5 000 personnes à Dikwa.

L’insurrection au nord-est du Nigéria a provoqué le déplacement forcé de plus de 2,25 millions de personnes depuis 2014, dont 2,066 millions de déplacés internes et près de 190 000 réfugiés dans les pays voisins, Cameroun, Niger et Tchad. Bien que le gouvernement ait fait reculer l’avancée territorialede Boko Haram depuis l’année dernière, l’insurrection a évolué en attaques terroristes et reste une menace potentielle.

 

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